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Te souviens-tu, mon fils

le mercredi 05 novembre 2014, à 23:43. Posté par plumeflore


    Te souviens-tu, mon fils, des longues promenades
    Où presque chaque jour, à l'heure du levant
    Cheminant au hasard, nous partions en ballades
    Le pied léger, l'œil vif et les cheveux au vent

    Traversant les ravins aux odeurs sans pareilles
    Ainsi par les vallons, les bois, les prés fleuris
    Les yeux souvent rêveurs, devant tant de merveilles
    Nous allions l'esprit sûr même par les maquis

    J'étais heureux de faire, aux pas de ton enfance
    Des sentiers de verdure évitant un hameau
    Sous l'ombrage doré alangui de silence
    Quelquefois un pinson imitait le ruisseau

    Attentifs et heureux, admirant la bruyère
    L'éclat de son bouquet sur l'aride rocher
    Alimentait mon cœur d'un or crépusculaire
    Tandis que toi serein tu jouais au berger

    Sur le coup de midi sous l'ombrelle d'un chêne
    Nous bénissions l'abri pendant quelques instants
    L'écrin de son tapis, opale porcelaine
    D'un sourire fleurit prolongeait le printemps

    Somnolant sur la mousse encore ensoleillée
    Poétisant tranquille en buvant le divin
    Comme un sage au jardin, j'accordais ma pensée
    Baladant mon regard, vers le mont opalin

    A quelques pas de là, pareil au bateau ivre
    Tu moissonnais les fleurs d'un geste gracieux
    Embellissant ton âme et ton amour de vivre
    Tu cueillais le bonheur en vénérant les cieux

    Dans ce sillage d'or devenu plénitude
    S'éternisait la joie au linceul de tes dents
    Je puis dire aujourd'hui, jamais une habitude
    N'entrava le soleil à l'horloge du temps

    En fin d'après midi contemplant la prairie
    Nous revenions sans hâte en suivant le chemin
    Devinant pas très loin la grande métairie
    Alors il était bon de retrouver le pain

    Je veux de tout mon cœur enchaîner mon histoire
    A ces jours généreux, m'enrichir d'un répit
    Volez, volez longtemps oiseaux de ma mémoire
    Plus le temps est chagrin, plus mon passé revit




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commentaires ( 2 ) (Ajouter un commentaire)
J. Dunelie le jeudi 06 novembre 2014, à 00:56
J'aime ce texte, particulièrelent ces passages ci :

"L'écrin de son tapis, opale porcelaine
D'un sourire fleurit prolongeait le printemps"

"S'éternisait la joie au linceul de tes dents"

Je trouve ces passages - ainsi que d'autre mais, pour moi, ce sont ceux qui m'ont le mieux poussé au "Ouais, c'est bon !" - particulièrement bien imagés.

Les rimes ne sont pas timides, tu as choisi de faire rimer les mots avec autres choses que ce à quoi on peut s'attendre à voir, puisqu'ils ont été empruntés et usés par des écrivains qui n'ont pas la phrase habile.

Néanmoins, je trouve qu'il faudrai mettre de la ponctuation à ce passage ci, entre le mot "sûr" et "même" afin de faciliter la lecture :

"Nous allions l'esprit sûr même par les maquis"

En effet, comme ceci, on a tendance à ne pas s'arrêter en lisant, quand la logique impliquerait une pause, ou une séparation, entre ces deux mots.

La fin de ce texte est triste... j'espère donc une fiction.

PS : il manque une majuscule, pour indication ;)

rivaudais le vendredi 07 novembre 2014, à 01:04
J'avais décidé, faute de temps, de ne lire qu'un poème parmi tous ceux présentés ici. Je suis heureux que ce soit le vôtre. Il a des accents lamartiniens qui me ravissent. Merci Plumeflore de cette faveur passagère et durable pourtant car je m'en souviendrai.

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