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Peut-être que ton âme a pleuré en silence?
Le jour de mon départ vers le ciel de Paris
Et maudis chaque nuit la lampe de l'absence
En songeant que l'amour parfois peut être gris.
Peut-être m'attends-tu sur le seuil de l'église?
Un chapelet en main, le regard tristement
Diriger vers le feu, que l'astre vaporise
Sur les bois, sur les prés, à l'heure du couchant
Je n'ai gardé de toi qu'un portrait de jeunesse
En robe de satin, tu souris tendrement
Au bord d'un bleu rivage, un rayon te caresse
Et imbibe d'or fin ton visage charmant
Qu'as-tu fait de tes jours, pendant ces cinq années?
Moi souvent j'ai pleuré en songeant à tes yeux,
Ton souvenir est là, il baigne mes pensées,
Toujours la douce enfance éblouira mes cieux.
Sache que par le vent, par l'eau pure en sourdine!
Par les fleurs du printemps,, le chœur d'un séraphin!
Par la cloche au matin, mon âme te devine!
Alors ne soit pas triste il reste le divin!
Les pierres d'argent, les étoiles, les anges,
Mes frères et ma sœur, ma fille et les lilas,
Ecoute le ruisseau et le chant des mésanges
Et même les hiboux, surtout ne les crains pas.
Je me sens transporter sur ma terre natale,
Quelque chose qui flotte imprègne mon esprit,
Une vague me berce et sur mon cœur étale
L'éclat de ses couleurs en un bouquet béni.
Combien je suis heureux de pouvoir te le dire
Tous les mots qu'ont tracés mes doigts depuis toujours
Ils te chantent tout bas comme l'ange soupire
Que tu restes maman le soleil de mes jours.
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