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<<Poète, que pourrais-tu dire à ces amants ?
A ceux qui vont, rêveurs, par les champs de luzernes
Et dont le regard bleu, tout décoré de cernes,
Témoigne de leurs nuits pleines de firmaments ?>>
<<Je les inviterais, par-delà les cirrus,
Dans une voie lactée, à cueillir des étoiles,
Celles des beaux étés dans les soirées sans voiles,
En explorant surtout la planète Vénus.
Je leur dirais aussi :<< splendides fiancés !
Venez glisser, rieurs, sur des quartiers de Lune
Et même si, des fois, vous contemplez Neptune,
Elle n’est pas jalouse et ne peux s'offenser.>>
Et je leur montrerai l’eau claire des ruisseaux
Où l’on se baigne nu, où l’on se désaltère
Sans honte et sans pudeur, sans pensée délétère,
Dans la lumière blanche et ses ardents faisceaux.
Je leur demanderais <<: quel est le goût du vent ?
A-t-il l’âcre saveur des embruns et du large,
Celle du vent salé respiré sur la barge,
Ou bien est-il sucré comme fleur au printemps ?>>
Enfin, en les priant d'unir tous leurs efforts :
<<Saisissez, dans vos mains, l'aurore boréale,
Couvrez-vous de ses plis comme dans un grand châle,
Afin que dans l'amour se conservent vos corps.>>
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