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ODYSSEUS
J’avais nourri l’espoir de vous revoir un jour,
Au terme d’un exil et d’un trop long séjour :
L’aube, avec l’or, se pare…
Les amants se séparent…
J’avais nourri l’espoir que la séparation
Durerait seulement le temps d’une mission…
La Mort est souveraine
Quand chantent les sirènes…
J’avais nourri l’espoir de croire à l’avenir
Quand je n’ai, face au ciel, pas su vous retenir :
Le départ nécessaire
Des conquérants sincères…
J’avais nourri l’espoir que votre doux serment
Me renverrait l’écho de mon engagement :
La promesse éternelle
Au sein de nos prunelles…
J’avais nourri l’espoir d’entendre votre voix
Comme un écho sans nom, un ultime pourvoi…
Votre voix modulée,
À jamais isolée…
J’avais nourri l’espoir de vous revoir vivant,
En priant, chaque jour, les yeux face au levant,
Vers l’océan immense,
Implorant sa clémence…
J’avais nourri l’espoir que, malgré les dangers
Et les nombreux périls en pays étranger,
La Mort, en sa détresse,
Ne vienne et vous caresse…
J’avais nourri l’espoir d’un héros immortel
Que ses engagements porteraient vers l’autel…
Nos vœux d’Amour sincère
Chaque jour, nous enserrent…
J’avais nourri l’espoir, qu’aux périls sur les flots,
Ne viendraient s’ajouter les plus sombres complots :
L’épée demeure avide
Lorsque le trône est vide …
J’avais nourri l’espoir de voir, sur votre nom,
Moins de sang qu’Antigone ou bien qu’Agamemnon.
Telle est la destinée
Pour les enfants d’Énée…
J’avais nourri l’espoir que la vie d’un héros
Ne se limite pas à l’épée au fourreau
Car l’Amour peut s’ébattre
Dans les veines d’albâtre…
J’avais nourri l’espoir de vous accompagner
Et d’attendre le jour où vous pourriez régner,
Déjouant les attaques
S’égrenant sur Ithaque..
J’avais nourri l’espoir que mes si longs travaux
Dompteraient les ardeurs de vos nombreux rivaux :
Je linceul que je tisse,
Chaque jour, rapetisse…
J’avais nourri l’espoir que ce travail ardu
Rendrait mes prétendants un peu moins assidus…
Leur amour est de sable,
Le mien, impérissable…
J’avais nourri l’espoir de, toujours, justifier
L’amour que j’ai pour vous qui m’aura sanctifié :
Sur les douleurs profondes,
C’est l’Amour qui se fonde…
J’avais nourri l’espoir que ma fidélité
Survivrait à l’aurore, en sa pleine clarté…
Chaque pour auprès d’elle,
J’ai su rester fidèle…
J’avais nourri l’espoir que mon cri éperdu
Accueillerait bientôt un retour attendu :
Dans la nuit hésitante,
Une si longue attente…
J’avais nourri l’espoir de voir votre vaisseau
Déjouer l’océan aux multiples assauts
Et revenir à terre
Vers Ithaque ou Cythère…
J’avais nourri l’espoir, en suppliant les dieux,
D’attendre ce moment immortel et radieux,
Comme une délivrance
Après si longue errance…
J’avais nourri l’espoir de vivre comme Héra
Puis de m’abandonner, à nouveau, dans vos bras,
Sous la magnificence
Qui met fin à l’absence…
J’avais nourri l’espoir de prendre votre main,
De partir avec vous, vers d’autres lendemains,
De retrouver l’ivresse
De deux corps qui s’oppressent…
J’avais nourri l’espoir, audacieux, il est vrai,
Que notre Amour si fort, si pur, triompherait,
Comme une plénitude,
Après la solitude…
Un jour, vous reviendrez,
Voilà, ma certitude…
© Gérard ANGELIS – Onirisme quantique – août 2013
Poème de la série «Poèmes mytholoquiques » / « L’amour et les sentiments »
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Pénélope
Dans la mythologie grecque, Pénélope (chez Homère Πηνελοπεια / Pênelopeia, chez les auteurs postérieurs Πηνελόπη / Pênelópê), fille d'Icarios, est l'épouse fidèle d'Ulysse dont elle a un fils, Télémaque.
Dans sa jeunesse, et à cause de sa grande beauté, elle est demandée par plusieurs princes grecs. Son père, pour éviter les querelles qui auraient pu éclater entre les prétendants, les oblige à en disputer la possession dans des jeux qu'il fait célébrer.
Ulysse sortant vainqueur, Pénélope lui est accordée.
Pendant les vingt années d'absence d'Ulysse, durant et après la guerre de Troie, Pénélope lui garda une fidélité à l'épreuve de toutes les sollicitations. Sa beauté et le trône d'Ulysse attirèrent à Ithaque cent huit prétendants.
Elle sut toujours éluder leur poursuite et les déconcerter par de nouvelles ruses. La première fut de s'attacher à faire sur le métier un grand voile, en déclarant aux prétendants qu'elle ne pouvait contracter un nouveau mariage avant d'avoir achevé cette tapisserie destinée à envelopper le corps de son beau-père Laërte, quand il viendrait à mourir.
Ainsi, pendant trois ans, elle allégua cet ingénieux prétexte, sans que sa tapisserie s'achevât jamais ; car elle défaisait la nuit ce qu'elle avait fait le jour : de là est venue l'expression « la toile de Pénélope », désignant un ouvrage auquel on travaille sans cesse et que l'on ne termine jamais.
Quand on vint dire à Pénélope que son époux était de retour, elle refusa de le croire, craignant qu'on ne voulût la surprendre par des apparences trompeuses ; mais, après qu'elle se fut assurée, par des preuves non équivoques, que c'était réellement Ulysse, elle se livra aux plus grands transports de joie et d'amour.
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