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J'ai fait un rêve qui n'a ni corps ni raison,
Un rêve transparent à l'allure imprécise,
Dont les contours diffus se fondent dans la brise
Et qui n'a pas de forme et qui n'a pas de nom;
Un rêve insaisissable, un souffle, une vapeur
Diaphane et changeante ainsi que des nuées
Qui saturent l’esprit de trouble et de buées
De tremblements aigus et, le front, de sueur ;
Un nuage écarté avec un geste lent,
Qui tue les souvenirs et trouble la mémoire,
Un songe translucide, incertain, illusoire
Qui m’enveloppe comme un fantôme indolent ;
Un rêve immatériel qui n’est ni dur ni mou,
Plus flasque que la chair immonde des méduses,
Qui n’a pas de parfum ni l’odeur des céruses,
Rêve qui donne le vertige et qui rend fou.
Après ce rêve étrange ennemi des climats,
Que l’on ne peut palper et qu’on ne peut atteindre,
Ni même emprisonner, embrasser ou étreindre,
Sauras-tu, ô mon cœur, fuir enfin tes magmas ?
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