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- LES LUCIOLES –
Côte d’azur. Village de Château neuf de Contes ; Scène se déroulant au début du mois de juin 1948, du crépuscule à minuit
Sur la Côte d'azur, tout est calme et feutré…
Le crépuscule attend avant de se montrer
Et les Alpes du sud, à la beauté troublante,
Jettent leurs derniers traits de neige étincelante.
Il est des soirs sereins où vient se mélanger
Le parfum de la rose et des fleurs d'oranger…
Il est des vents chargés de senteurs généreuses
Aux accents de jasmins, de lys, de tubéreuses.
Un tout petit village, au loin, abandonné…
Blotti près du Mont chauve, il semble, condamné
À coiffer le sommet d'une imposante crête
Au pied de la montagne, engourdie et secrète.
Au faite du village, on voit un vieux château
Que la verdure étreint sous un épais manteau.
Placée en contrebas, parmi les asphodèles,
Une chapelle attend d'invisibles fidèles…
Le vent souffle parfois sur les murs abîmés,
Cherchant des promeneurs qui ne viendront jamais.
La cloche tinte alors dans l'ancienne chapelle
Et le son qu'elle émet, doucement, nous appelle.
Quand la lumière tombe et quand la nuit descend,
Le paysage, au loin, devient évanescent…
La pénombre s'étend et couvre les collines
Avec des tons pastel, aux teintes violines…
Entre le lit du Var et celui du Paillon
L'obscurité dissout les derniers papillons.
Les cigales, soudain, calment leur insolence.
Leur chant strident s'éteint et fait place au silence.
Surgissant, tout à coup, de la voûte des cieux,
Des lucioles d’or, à l'éclat audacieux
Se dispersent sans bruit sous les pins en grand nombre
Comme pour effacer, un instant, la pénombre.
Autour du vieux château, en brillant ardemment
Elles semblent créer un nouveau firmament.
Peut-on imaginer d’invisibles amphores
Déversant, vers le sol, autant de sémaphores ?
Ce sont mille falots, dans les airs, scintillants :
Magie de cette nuit, aux joyaux flamboyants,
Quand elle emprunte aux dieux un peu de féérie,
Pour revêtir ce lieu, de fantasmagories…
Peut-on imaginer cette invisible main
Qui, du ciel étoilé, jette sur les humains
Une cascade en or, à la beauté intense ?
Trop bref, est ce moment… de fragile existence…
Les insectes de feu, à l'habit de vermeil,
Ont présidé ici, au rite du sommeil.
A minuit, j’aperçois ces belles messagères
Éteindre lentement leurs clartés passagères…
La Riviera s'endort jusqu'au petit matin
Dans l'écrin parfumé d'un voile de satin
Quand la ville de Nice étend, à vive allure,
Les perles de lumière ornant sa chevelure…
Morphée conduit alors le monde azuréen
Vers un autre horizon méditerranéen
Et les yeux qu'il a clos, de sa main innocente,
Attendent, pour s'ouvrir, l'aube resplendissante…
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Pour contacter l’auteur : [email protected]
TUBÉREUSE - nom fém. : Plante bulbeuse, à hautes tiges, portant des fleurs blanches très parfumées.
ASPHODÉLE - nom fém. Plante vivace à hampe florale, commune dans les régions méditerranéennes
MORPHÉE - Mythologie grecque : Morphée (en grec ancien Μορφεύς / Morpheús, de μορφή / morphế, « forme ») est une divinité des rêves prophétiques. Fils d'Hypnos (le Sommeil) et de Nyx (la Nuit) ; il a pour vocation d'endormir les mortels.
Il est représenté avec des ailes de papillon battant rapidement et silencieusement, qui lui permettent de voler. Pour se présenter aux mortels, il se transforme en êtres chers (d'où son nom signifiant « forme »).
AMPHORE - nom fém. : Dans la Grèce antique, vase servant au transport des liquides (huile, vin…)
SÉMAPHORE - nom masc. : Dispositif lumineux destiné à baliser les parcours (en mer, notamment)
FALOT nom masc : Lanterne portative emmanchée au bout d'un bâton ou portée à la main
CHEVELURE DE BÉRÉNICE : Constellation céleste ; comparaison des lumières de la ville de Nice, illuminée la nuit avec la constellation.
Mythologie grecque : Vers 243 av. J.-C., le roi entreprit une expédition périlleuse contre les Assyriens, accusés d'avoir assassiné sa sœur. Devant les périls de cette expédition, et craignant pour la vie de son mari, la reine Bérénice se rendit au temple d'Aphrodite pour lui faire la promesse solennelle de sacrifier ses longs cheveux, dont elle était très fière, si le roi son mari rentrait sain et sauf de la guerre.
Quand Ptolémée revint vivant quelques semaines plus tard, Bérénice se coupa les cheveux et les déposa en offrande au temple de la déesse, selon son engagement. Dans la nuit suivante, la chevelure disparut mystérieusement.
Ptolémée entra dans une rage folle, fit fermer les portes de la ville pour la fouiller de fond en comble. Afin d’apaiser le roi outragé (et pour sauver la vie des prêtres du temple), l'astronome de la cour, Conon de Samos, annonça que l'offrande avait tellement plu à la déesse qu'elle l'avait placée dans les cieux : Un amas d'étoiles, appelé à cette époque la Queue du Lion, et maintenant « La Chevelure de Bérénice »
© Gérard ANGELIS - 1986 -Onirisme quantique. Poème de la série « Poèmes magiques »
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