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LE TEMPS ET LA ROSE
Ainsi, passe l’instant,
Sur la rime ou la prose…
Ainsi, passe le Temps
Sur l’année ou la Rose…
Ainsi, passe le Temps, Métronome exigeant,
Amant intransigeant,
De l’Année diaphane…
Ainsi, passe l’Année ; Ainsi, passe la fleur
Qui contraint sa douleur
Quand son reflet se fane…
Ainsi, passa la Rose, éblouissant l’été
D’une intense beauté
Invitant aux caresses…
Ainsi, passe le temps qui court sans s’arrêter
Et se laisse emporter
Par sa profonde ivresse…
Ainsi, passa l’été, qu’on croyait éternel
Sous les mots solennels
Des amours impossibles…
Ainsi, passe le Temps, qui brise le serment
Et livre au firmament
Un rêve inaccessible…
Ainsi, passa l’Année, alourdie de serments,
S’égarant, un moment,
Sur la Rose fanée…
Ainsi, passe le Temps, sur la Rose et l’instant ;
Ainsi, passe le Temps
Sur l’ombre condamnée…
Ainsi, passa l’Année, qui perdit son amant
Et mourut longuement
Dans le mois de décembre…
Ainsi, passe le Temps, compagnon bienséant,
Qui conduit le néant
Sur les flots de ses ambres…
Ainsi, passa l’Année, au fil d’un long parcours
Dont les instants trop courts
Sculptaient le frontispice…
Ainsi, passe le temps, ultime gouverneur,
Recevant les honneurs,
Au bord du précipice…
Ainsi, passa l’Année, avec ses courtisans,
Comme autant d’artisans
Vers des aubes sans trêves…
Ainsi, passe le jour, courtisan insoumis
À qui on n’a promis
Qu’une existence brève…
Ainsi, passa le Jour, expirant sans un cri
Et sans être proscrit
Parmi la multitude…
Ainsi, passe le Temps, dans la sérénité,
Face à l’obscurité
Et à la solitude…
Ainsi, passa l’Instant, vif ou subordonné,
Trop tôt prédestiné
À vivre et disparaître…
Ainsi, passe le Temps, voguant sur le Présent
Ou un Futur, gisant
Près du mage ou du traître…
Ainsi, passa l’Année, servante sans appuis,
Tombant au fond d’un puits
Où nul ne peut descendre…
Ainsi, passe l’Année, sous son habit d’onyx,
Qui meurt comme un phénix
Mais renaît de ses cendres…
Ainsi, passe le Temps, sous les cieux étoilés,
Ne pouvant dévoiler
Ses arcanes secrètes…
Ainsi, passe le Temps, vêtu de lourds secrets,
Dont le cours, à regret,
Vers l’infini, s’arrête…
Ainsi, passe le Temps, maître de l’Univers,
Régisseur des hivers
Que la nuit ensorcelle…
Ainsi, passe l’Année : L’Univers est si grand
Qu’une Année, en ses rangs,
Devient une étincelle…
Ainsi, passe le Temps
Sur la Rose en errance…
Ainsi, passe l’instant
Qui dissout sa fragrance…
© Gérard ANGELIS – Onirisme quantique – Décembre 2013 – Poème de la série « Poèmes psychédéliques »
Pour contacter l’auteur : [email protected]
POUR MIEUX COMPRENDRE
MÉTRONOME Subst. masc. : Dans la Grèce antique, magistrat chargé du contrôle des mesures. Dans le poème, principe qui règle la vie
DIAPHANE Adj. : Translucide ; par ext. d’une beauté fragile
BIENSÉANT Adj. : Qui est convenable et approprié
AMBRE Subst. masc. sing. : Substance résineuse relativement tendre, d'origine végétale fossile, de couleur jaune mordoré, employée pour la fabrication de divers objets de luxe.
À noter que Ambre, au pluriel, comme tout autre nom de matière, désigne différentes variétés ou rappelle les couleurs de différentes variétés
Dans le poème, « Les flots de ses ambres » : Les flots aux couleurs des différentes variétés d’ambre (mordorées, jaunes…)
FRONTISPICE Subt. masc. : Grand titre ou gravure, placé en tête d’un ouvrage.
COURTISAN Subst. masc. : Homme qui est attaché à la cour d’un souverain
Les jours sont évoqués comme autant de courtisans de l’année.
ONYX Subst. masc : Variété d’agate, employée comme pierre fine
PHÉNIX Subst. masc – Myth. : Oiseau fabuleux, vivant plusieurs siècles et qui, brûlé, pouvait renaître de ses cendres
ARCANE Subst . masc. : Littér. Synon. noble de mystère ou de secret :
En particulier, au pluriel. [En parlant des secrets de la nature] Soumis à l'investigation scientifique :
Remarque : Le genre féminin. du substantif. est rare, parfois dû à l'analogie (c’est le cas dans le poème) avec Archives, dont le mot a le sens
RÉGISSEUR Subst. masc. : Personne qui a en charge l’administration d’une propriété
FRAGRANCE Subst. fém. : Parfum
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