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Le prédateur
Le temps, ce prédateur, a dévoré mes jours.
Il ne me reste que des regrets et des rides
Et quelques souvenirs flétris de nos amours,
Dans les pages jaunies de mes éphémérides.
Le temps, ce prédateur, a jeté aux vautours
Les restes de ma vie comme des mets fétides
Et j’erre dans les eaux grasses des vieux faubourgs,
L’âme à vau-l’eau, perdu dans des pensées morbides.
Le temps, ce prédateur, voile de contre-jours
L’image délavée de nos ébats torrides.
Anéanti, je vais titubant, à rebours,
Blanchi dans le désert des jours secs et arides.
L’automne est là. Celui de ma vie. Sans secours,
J’irai me replier dans quelques thébaÏdes :
Il ne me reste que des regrets et des rides ;
Le temps, ce prédateur, a dévoré mes jours.
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