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Elégie
Le poème n’est beau qu’en passant par ton âme
Lorsqu’il voyage là où l’attendent tes sens.
Orante, es-tu grisée aux parfums de l’encens
Ou prêtresse éclairée aux lueurs de la flamme ?
Déesse ! Me voici, humble thuriféraire,
Vers toi faisant monter de subtiles vapeurs,
Rampant, car enchaîné devant tes airs moqueurs,
T’offrant mes poésies en guise de prière.
Je me traîne, éreinté, jusqu’au temple où tu trônes,
Au milieu d’une haie d’esclaves en pallium,
Une torche à la main, gardant ton atrium.
En majesté, là-haut, serais-tu ma madone ?
Car l’élégie, pour toi, est maintenant versée
De cette vasque antique où bout ma pulsion
Et je veux te l’offrir comme une infusion,
Pour que d’ivresse, enfin, tu te sentes bercée.
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