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Elle était étendue sous un vieux pittospore
Dans l’ombre parfumée, qu’aucun vent n’agitait.
La mer avait le calme étrange de sa chair
Et de son regard clos sur l’horizon désert.
Quelque pâle lambeau de brume délitait
Au loin, les minarets, sur l’azur du Bosphore.
Mais l’astre éblouissant allumait du phosphore
Sur l’immuable flot par la dune abrité,
Où dormait quelque barque à fond plat peinte en vert.
Les palmes s’inclinaient et l’on sentait, dans l’air,
Les parfums de l’olive et des fleurs de l’été,
Ou des vins lentement mûris dans une amphore.
Près des monts décharnés où veille un sémaphore,
Dans un vallon rocheux où croît une cactée,
Se glissait l’onde glauque et pure de la mer.
Là, dans les galets ronds et le fin sable clair,
Près d’îlots où l’agave étale sa bractée,
Nageaient les physalies et le siphonophore.
Assoupie cependant profondément encore,
Elle ne sentait pas que la vie l’attendait
Dans ces torpeurs de nard, d’ambre et de vétiver.
Au-dessus de ce corps splendide, découvert,
Elle ne savait pas que l’amour la guettait,
Telle une fleur de feu lorsqu’elle vient d’éclore.
(1977)
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