|
Vent d'hiver
Le vent sec, aujourd'hui, a balayé les landes;
L'eau s'est prise, au jardin, en glace, dans mes seaux;
Un soleil fatigué traîne ses longs faisceaux,
Sur le morne horizon où souffrent les lavandes.
Et tel, montant au loin, l'écho des sarabandes,
Un mistral furieux fait donner les assauts
De ses noirs escadrons qui plient mes arbrisseaux
Et sèment la terreur parmi les plates-bandes.
Le froid mordant avait transi nos chairs glacées
Et bien que nos deux mains fussent entrelacées,
Je sentis, sur ta peau, les épreuves du temps.
Mais qu'importe, en nos fleurs, l'acharnement des brises,
L'essentiel étant que nos cœurs ne se brisent,
Tels des pots renversés par le cers ou l'autan.
|