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J'ai griffonné ces vers sur un coin de ma table,
Grimoire qui s'abreuve au vin du souvenir,
Celui dont le blessé, réclamant l'élixir,
S'enivre pour guérir de son mal insondable.
J'ai griffonné ces vers à l'ombre de l'érable,
Que les vents de l'été font à peine frémir;
Ils sont sans prétention, mais les pourrai-je offrir
Comme un plat refroidi à l'allure improbable?
J'ai griffonné ces vers sur le roc immuable
De ces monts que le temps ne saurait abolir,
Où je prends du repos, où je peux m'endormir,
Comme l'agneau couché dans le creux d'une étable.
J'ai griffonné ces vers qu'un pleur inconsolable,
Trouble inlassablement en les faisant jaunir,
A moins que le lecteur puisse les accueillir,
Sans les mettre au rebut comme un vieil incunable.
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