|

... Dans l’immense cosmos essaime le Néant.
D’humbles intervalles, où coule la matière,
Affrontent ce vide, ce temps fougueux, dément
De leurs âmes ténues, petits grains de poussière.
J’inclus mes silences dans le creux des aurores,
Questionnant cette loi, si elle est tordue ou bonne,
Quelle source la meut, quel typhon la colore,
Au milieu de l’un d’eux, je suis et je frissonne.
... Au cœur de la Terre s’affaire le Vivant.
Au dessus de la mer, toujours les sternes planent,
Chaque jour l’aube bleue choie les blés cependant,
Les forêts et lagons que l’été enrubanne.
De mes pieds d’argile, je foule la réponse :
Je me sens un géant, éruption la plus forte,
Naître du vert bourgeon que le printemps annonce,
Parole dans ce vent qui pourtant tout emporte.
|