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Un instant de rêve (Martha part V)

le lundi 03 février 2014, à 19:14. Posté par Philip de Berg


    La pluie s’était mise à tomber sur la ville. Les pavés qui tapissaient le sol des grandes avenues reflétaient au jour tombant des éclats un peu fantasques, comme de fugaces étincelles à peine nées d’un songe pour s’engloutir, l’instant d’après dans les bruits de la grande cité. Le tintement régulier des fiacres, capotes baissées et vides la plupart du temps, se mélangeait au chuintement des automobiles qui glissaient sur le sol déjà bien trempé.
    Malcom sortait à cet instant du Magyar Nemzeti Mùzeum, le grand musée national de Budapest. Le long entretien avec un négociant en vin avait duré une partie de l’après-midi, et Malcom, pour se changer les idées avait mis son projet à exécution de prendre le temps nécessaire pour visiter ce haut lieu de l’histoire hongroise. Il avait entendu parler de la magnificence des Regalias, le trésor de la couronne des rois de Hongrie et de Bohème dont le clou était le manteau du couronnement.
    Mais la surprise de cette visite fut la découverte du piano qui appartint tant à Beethoven qu’à Frantz Liszt. Malcom était également pianiste à ses heures et vouait une grande admiration tant pour le grand compositeur hongrois que pour le créateur de la 5ème symphonie.
    En sortant du musée, il avait en tête les accents de la grandiose sonate en si bémol mineur, à n’en plus entendre le grincement métallique des vieux tramways qui descendaient pour franchir le pont de la Duna.
    C’est alors que l’idée lui vint de retourner prendre un verre et peut-être même diner au Grand Café Carolyi.
    ………………………………………………………………………………………………..

    Tourbillonne le cœur que chavire une note,
    Ou peut-être un soupir sur mon âme fragile,
    Erodée par le Temps qui comme un vent docile
    Affronte en soupirant le fracas de la Ville.

    Les refrains de Bohème aux rythmes parfumés,
    Empruntent mon chemin au creux des souvenirs,
    Quand les carrosses d’or et leurs cris affamés
    Se traînent en rêvant, fardés de leurs désirs.

    Je courais en silence au soir mélancolique,
    Récitant mon serment au vent venu des plaines,
    La pluie comme compagne et mon coeur amnésique.
    Sur le pavé trempé les voix semblent lointaines.
    ………………………………………………………………………………………………..

    Le Grand Café Carolyi ressemblait à une ruche à cette heure accueillant les premiers rougeoiements du crépuscule, alors que le ciel s’était brusquement calmé et que s’effaçaient lentement les nuages.

    En se dirigeant vers le grand salon aux larges tentures et aux lustres chatoyants, Malcom remarqua un autre salon, plus petit et plus tranquille dans lequel trônait un grand piano à queue, son imposant couvercle relevé, le long clavier noir et blanc prêt à accueillir les doigts habiles d’un interprète passionné.

    Malcom s’installa au fond de la salle principale, à peu près à l’endroit où il avait fait la connaissance de Martha. Le temps, une fois de plus semblait être suspendu, et lorsque montait soudain un rire ou un bref éclat de voix, c’était à la fois comme un tressaillement de l’âme qui enflait et une sorte d’éveil où l’on reprend contact avec le monde, le cœur palpitant, accoudé à quelque destinée.

    Le temps passait, pourtant. Dehors, la nuit était maintenant tombée. La salle qui cependant ne désemplissait pas, semblait plus silencieuse, murmurante.

    Le jeune homme but lentement une dernière tasse de thé et, pris d’une idée autant fantasque qu’impromptue, se dirigea vers le petit salon. Le grand piano semblait l’attendre. Revêtu d’un somptueux placage de bois fauve et d’une merveilleuse table d’harmonie, l’instrument était impressionnant par sa majesté.
    Il se disait que c’était le comte Mihali Karolyi en personne qui avait fait don de son propre piano au Grand Café qui faisait aujourd’hui du Palais, l’endroit le plus élégant de Budapest.

    Malcom s’approcha doucement de l’instrument. Au même instant, un maître d’hôtel surgit de nulle part vint vers lui, souriant, lui demandant :
    - « Tudok segíteni ? » *
    - « Legyen szives » **
    Il l’invita d’un geste respectueux à prendre place devant le clavier.

    Les yeux mi-clos, Malcom s’enivrait de la musique que, par la magie de ses doigts, il retrouvait instantanément à chaque mesure.

    Il ne sut depuis combien de temps il enchainait les morceaux, passant de Chopin à Rachmaninov avec une légèreté teintée de passion.
    ………………………………………………………………………………………………..

    Comme des lents sanglots où se mire la Nuit
    Sur le miroir de l’âme enfin illuminée,
    La course de mes sens est un sentier fortuit
    Que parfume le soir de teinte surannée.
    ………………………………………………………………………………………………..

    Malcom entama les premières mesures de l’étude n° 1 de Scriabine. Une petite pièce musicale lente et délicate.
    Cette fois-ci il fermait les yeux.
    Vers la vingtième mesure, à la reprise du thème, alors que ses deux mains se déplaçaient vers l’extrémité inférieure du clavier, une seconde mélodie se fit entendre, répondant aux accords et aux notes du jeune musicien.

    Ce dernier ouvrit les yeux et tourna légèrement la tête. Martha se trouvait près de lui et lui souriait de son même regard à la fois doux et malicieux, tout en continuant à jouer des notes aériennes.

    « L’on connait donc Skrjabin aux portes de l’Ecosse ? » demanda-t-elle en riant.
    (à suivre)

    *« Je peux vous aider ? »
    ** « S’il vous plait »

    http://www.youtube.com/watch?v=GyQvJymWISQ

    (Scriabine - Etude Op 2 N° 1)
    Interprète : LOLA ASTANOVA

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commentaires ( 21 ) (Ajouter un commentaire)
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le lundi 03 février 2014, à 19:54
Voici donc le 5ème chapitre de Martha.
Même ambiance reconstituée du Budapest des années 30. Tous les détails et anecdotes sont une fois de plus authentiqueS, bien entendu.
La séquence musicale jouée par Malcom et dont je vous ai indiqué le lien est la délicate et romantique Etude n° 1 de Scriabine. Elle est interprétée par la jeune pianiste americano-russe Lola Astanova, une étoile montante du piano. C'est avec l'autre Etude qui figure dans le précédent chapitre de Martha, l'un des deux morceaux que je travaille en ce moment avec délice (celle-ci est beaucoup plus facile - parce que plus lente, que la précédente.
L'illustration représente le piano qui a appartenu successivement à Beethoven et à Liszt et qui se trouve toujours au musée national de Budapest.
Après quelques brèves lueurs sur la personnalité de Martha, l'on découvre quelques traits de Malcom Northumbrie.
Euh, il est vrai que j'ai fait dans la facilité en calquant des personnages comme moi, à la fois romantique et passionnés par le piano (sauf que j'ai donné beaucoup plus de talent que moi à Martha et Malcom !!!!!!!!).
Je vous souhaite une agréable lecture entre alternance de prose délicate et alexandrins.
Amitiés à tous et à toutes. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier

salus le lundi 03 février 2014, à 20:37
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Si tu joues comme tu écris, il doit y avoir plaisir à t'écouter !
a te lire encore, (la suite !)
Salus

domidom le lundi 03 février 2014, à 20:46
Une chose est certaine, la maladie te donne de l'inspiration.....
J'ai pris un énorme plaisir à retrouver Martha, et c'est évident que je suis friande de connaître la suite, j'espère qu'il ne nous faudra pas attendre une autre angine ou saleté de ce genre...
De plus, j'ai adoré tes poèmes, ces merveilleux quatrains donnent beaucoup de charme à ton histoire....
Au plaisir de te lire très , très, rapidement....
Bisous, Domie...

euphonie le lundi 03 février 2014, à 21:25
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http://www.mespoemes.net/euphonie
Je connais la raison de cette attente une angine
Philip il y a un remède de vieille femme pour remédier aux angines
Il faut mettre la nuit la chausette de la journée autour de son et pardessus un cache nez
Bonsoir Philp
Il faudrait faire une vidéo ou tu racontes ton histoire tout en jouant sur ton piano
Cela serait une pure merveille
Soigne toi bien
Marie

Guy le lundi 03 février 2014, à 23:44
Toujours aussi agréable à lire et instructif sur Budapest et son environnement, avec le charme de la poésie en cadeau.
Et de la belle musique en prime, avec une jeune pianiste talentueuse.
Merci Philip. Amitiés.

rivaudais le mardi 04 février 2014, à 01:27
----Je découvre Martha, Malcom.. et toi,. Et Budpaest -ou plutôt Bud et Pest, par la même occasion. Si tant pis je n'y vais pas piano, mais je suis pétri d'admiration. D'autant que j'aime infiniment le piano..et ton écriture. Mes compliments mon cher. René tub as désormais en moi un admirateur.
http://www.mespoemes.net/rivaudais

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mardi 04 février 2014, à 07:41
Pour SALUS :
Merci l'ami. Euh...je joue pas trop mal et de façon romantique......mais je suis loin d'être un virtuose comme les pianistes dont le mets le lien en vidéo.
Pour GUY :
Merci à toi aussi, Guy. Oui, il est agréable de se promener dans Budapest, rien qu'avec un peu d'imagination pour vous autres, les amis. Budapest a bien changé, mais ses vieux quartiers et ses immeubles sont demeurés les mêmes, ainsi que le Palais-Grand Café Karolyi. Pas mal, hein, la talentueuse Lola Astanova. Je vous ferai découvrir dans les prochains chapitres (ils seront tous illustrés de morceaux de piano) une autre jeune prodige du piano, la jeune chinoise Yuja Wang. A très bientôt, cher Guy. Amitiés. Philip.

Pour EUPHONIE :
Bulletin de santé : l'angine est terminée, mais je tousse encore beaucoup. Merci pour ton très original remède proposé ! Faire une vidéo ? Pourquoi pas. Mais l'époque est venu de faire ré-accorder prochainement mon piano. C'est très fragile ces petites bêtes, et un enregistrement (sonore ou vidéo), lorsque d'infime variations se produisent sur les notes, même accordé, cela s'entend. Bon, on va y réfléchir. Amitiés. Philip.

Christine le mardi 04 février 2014, à 09:46
Salut,
Ah! Enfin un de tes écrits...Ça me manquait terriblement!!!Tu compose tellement bien, même très bien...Magnifique comme toujours!!!A bientôt Christine (cris)

euphonie le mardi 04 février 2014, à 11:38
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http://www.mespoemes.net/euphonie
Pour éliminer la toux
Il faut faire une infusuion de thun avec du miel en boire au moins trois tasses par jour
Et la toux se meurt
De plus cela marche trés bien et c'est bon pour la santé
Marie

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mardi 04 février 2014, à 11:59
Pour CHRISTINE :
Merci de ton appréciation. Le mot "compose" m'a presque induit en erreur, puisque j'ai la chance de savoir composer également de la musique (au piano notamment). Mais que l'on ne se trompe pas, mes compos sont modestement très très loin des splendides musiques dont je vous fais partager les liens. Maiiiiiiis, j'ai des tics très sympas et très romantiques dont, récemment, une petite suite très mélancolique (comme je le dis à des amis, c'est une musique qui exprime même pas des adieux sur le quai d'une gare, mais carrément un au revoir tragique à un passager qui embarque à bord du Titanic et qui donc ne reviendra jamais ! Lol !).
Merci donc de me suivre. Amicalement. Philip.

Pour EUPHONIE :
Merci de cette recette, Marie, que je vais mettre à exécution dès cet après-midi après être allé acheté du thym à faire des tisanes ! Amitiés. Philip.

http://www.mespoemes.net/philipchevalier

larose le mardi 04 février 2014, à 12:01
Bonjour!!
Comme toujours, tes histoires me font voyager, je suis comme tout le monde j'attend la suite pour pouvoir planer encore!! :)
Planer sant le sh.........!!! :)
Merci pour ce beau partage!! Bonne journée!! Biz

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mardi 04 février 2014, à 12:05
Pour RIVAUDAIS :
Merci, ami poète. Ton compliment me touche.
Et tant mieux si je vous fais voyager dans Buda et Pest (C'est comme Charleville-Mézière !). La musique est aussi une grande part de ma vie "culturelle", peut-être même plus que l'écriture. Alors je ne m'en prive pas. Ma formation, pourtant n'a rien à voir avec la musique, et est même assez austère (Juriste !!!!!!). Mais le piano est mon jardin secret.
Enfin, pour le moment, ma musique vous ne pouvez l'entendre, mais mes mots vous pouvez les lire. Alors tant mieux si tu aimes.
Je t'ai fait une proposition sur un commentaire de l'un de tes derniers poèmes.
Amitiés rené. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier

euphonie le mardi 04 février 2014, à 14:15
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http://www.mespoemes.net/euphonie
Je rigole Philip j'ai inventé une nouvelle façon d'écrir (thyn thunà

fokouajeancarlos le mardi 04 février 2014, à 14:50
Bonjour Philip. Que puis-je dire si ce n'est avouer que je ne connais rien à la musique. Jusqu'ici en tout cas. Car avec tes mots judicieusement choisis, je me laisse emporter dans la balade des doigts sur les touches d'un piano.

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mardi 04 février 2014, à 19:11
Pour DOMIE :
Oh, ce n'est pas mon angine/grippe qui m'a donné l'inspiration, tu sais ! Ne t'inquiète pas, la suite va venir bien vite. Mais il me faut alterner quand même avec de la poésie plus traditionnelle. Mais, sympa, hein, l'alternance de proses et...toc....en plein milieu, des vers qui sont en rapport avec l'histoire et les sentiments des personnages ! A très bientôt. Gros bisous. Philip.

Pour JEAN-CARLOS :
Ah, quand je parle souvent de ce que j'appelle "la musique des mots", tu me comprends. Et maintenant, depuis que je sais comment mettrec des liens musicaux à écouter, je ne m'en prive pas. J'espère que tu as cliqué sur le lien YouTube et écouté le magnifique morceau de piano ? A très bientôt, ami. Bien à toi. Philip.

Pour EUPHONIE encore !!!!
Ah, facétieuse, Marie. Javais bien remarqué ta nouvelle façon d'écrire. Je n'ai pas eu le temps d'acheter le thym, j'ai passé l'après-midi dans une austère réunion juridico-technico-politique ! Amitiés. Philip.

Pour LAROSE :
Merci d'être une fidèle lectrice de Martha. Tant mieux si je te fais voyager et....planer (sans substances illicites euphorisantes, cela va de soi.....rien qu'avec les mots et la musique !). Bises et amitié. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier

khartago le jeudi 06 février 2014, à 16:52
comme je te lis dans le désordre, j'ai du rater des épisodes, et ne connais pas encore cette mystérieuse Martha. Mais un texte si long, je ne peux le savourer sur écran, il va falloir que je l'imprime (est-ce permis?) Merci pour tes deux derniers comm'. C'est vrai que la mer est ici si présente qu'elle est partout dans mes écrits.Amitié,
http://www.mespoemes.net/khartago

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le jeudi 06 février 2014, à 17:44
Pour KHARTAGO :
Ah ce n'est pas bien, Lola de me lire "dans le désordre" !!! (lol !). Il est vrai que depuis 2 ans et 3 mois que je suis sur le site, j'ai écrit pas mal de poèmes, et les nouveaux amis qui me font l'honneur de me lire, choisissent mes poèmes un peu au hasard, au gré de leur inspiration. Mais Martha est récent et j'en suis au Vème épisode. Bien sûr que tu peux l'imprimer et ainsi, tu auras bien 10 minutes de lectures sans discontinuer. Tu me feras un commentaire GLOBAL sur les 5 chapitres si tu le souhaites. En tout cas, merci infiniment de me lire. Et....le bonjour à Quimper ! Amitiés. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier

oliverjane1950 le jeudi 06 février 2014, à 21:48
La prose et le poème donne une impression de langueur. On pourrait imaginer l'ensemble, comme un film, où le cinéaste ralentirait volontairement les images... pour mieux s'enivrer de l'atmosphère des lieux... Ainsi, nous, lecteurs, en ressentons les mêmes effets...
Ton imagination est débordante ! ajouter le piano et le métier de juriste, il doit rester peu de temps pour dormir ! Alors Philip, bon sommeil ! Amitiés... Oliver

http://www.mespoemes.net/oliverjane1950

oliverjane1950 le jeudi 06 février 2014, à 21:49
donne = donnent

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le lundi 10 février 2014, à 17:52
Pour OLIVER :
Oui, tu as raison, cher Oliver, car sur le site nous sommes habitués à des vers, courts et structurés (ce qui n'empêche pas la langueur). Mais dès que surgissent les phrases de la prose, plus longues, si l'on veut donner dans l'esprit une langueur, un indolence, le texte non versifié s'y prête bien, d'autant je mes phrases sont souvent longues. Amitiés. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier

cerise le lundi 30 juin 2014, à 13:53
Bonjour Philip,
Ah cette histoire à quatre mains me fait rêver.
(J'ai lu cette suite ce matin dans la salle d'attente de mon kiné...sourire).
C'est peu dire que tu as une belle plume. Tu devrais la publier. L'alternance des deux écritures sied à merveille.
Cela me rappelle un autre roman dont la musique est au cœur de l'histoire Un des rares romans dont je redoutais d'arriver à la fin, je te le recommande : "Corps et âme" de Frank Conroy.
Belle journée à toi...sourire
Béatrice


http://www.mespoemes.net/cerise

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