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L'Enigme des Profusions.....

le lundi 06 janvier 2014, à 00:14. Posté par Avenance


    L'Enigme des Profusions.....


    …..Les Profusions surgissent et surabondent, hors du Sans-Fond, de toutes parts,
    Hors du Sans-Fond, les Profusions hors Raisons, du Béant sans limites ni mesure,
    Déferlent continuellement, d'insondables Réserves, de l'Inscrutable, entrailles,
    puits, cratères, abysses, cieux, d'innombrables Espaces, d'innombrables Matières,
    Terre, Eau, Feu, Air, Fentes, Failles, Fractures, viennent à Soi et à autre que Soi,
    Depuis les Millénaires des Millénaires et chaque fois, anciennes et nouvelles,
    Accroissent le Connu, l'Inconnu, désespèrent les Savoirs, démantèlent tout Sol,
    Tout Fondement, les Profusions qui fissurent le Marbre, les Monuments, les Stèles
    Patiemment érigées contre le Périssable et patiemment gravées de Signes,
    D'écritures friables, Ô Provenances inconnues, les Prodigalités et les Myriades !

    Eclats des Profusions hors du Sans-Fond, fécondes en Formes et Espèces,
    Jaillissements en Différenciations, Ecartement qui conforme et relie, dans le
    Visible et le Palpable et les Profondeurs de la Chair, sous les Soleils ardents,
    Dans la Pénombre qui protège, au beau Milieu des Nuits fertiles ou la Désolation
    Stérile des Déserts, Profusions qui enflamment, infusent le Regard et réjouissent
    Et dilacèrent, faut-il célébrer ou maudire ? J'écoute en mon Corps, en ma Langue,
    Le Battement, l'Oscillation de Dilection et de Détresse et les Fissures qui écartèlent,
    Ruissellement de Larmes dans la Joie du Nouveau et l'Accomplissement de la
    Vérité de Présences en acte et dans le même Temps, Ô Faillibilité ! L'Assèchement
    des Sources, l'Interruption des Signes secourables, la Fin du Viatique dans les
    Profusions de la Mort, sable, tombeau, sépulcre de la Ruine, Confiscation,
    Rivage aride, Île absolue des Morts !

    Et la Parole s'époumone, bégaie, se rompt, face à face, au Visage incertain,
    Figure double qui fleurit et s'érode, paraît et se retire, s'échoue aux rives du
    Dicible et du Pensable, s'exténue et défaille, écritures ensablées, traces
    Méconnaissables, je lis d'un doigt tremblant, les anciennes Paroles transmises,
    Toujours redéchiffrées dans le Clair-Obscur de leur Langue qui nomme à
    Demi-mot, les Profusions et les Disparitions, ivre d'amour et de peine, cœur
    Alourdi, pour qui ne se connaîtra pas, pour qui ne viendra pas, au grand Jamais.
    Douleur, Amour hyperboliques, suffoqués de Souffrance et de Désir, couteau de
    Nostalgie, blessure à vif du Souvenir, plaie des Lointains et de l'Enfance, cendres,
    Brasier que nul ne réembrasera et nous errons, portant comme une Honte, le
    Double, la Brisure, l'Inconsolé, à tout Jamais, le Prodige, l'Enigme des Profusions......

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commentaires ( 6 ) (Ajouter un commentaire)
rivaudais le lundi 06 janvier 2014, à 01:13
----Un texte tout à fait poétique, très intéressant, à la portée philosophique incontestable qu'il faut lire et relire pour s'en imprégner peu à peu. Ma seule remarque négative concerne le choix des caractères d'imprimerie. J'aurais été plus à l'aise pour lire si ceux-ci étaient plus plus petits mais en gras d'où des lignes plus lisibles et un ensemble simple dans sa visibilité.
http://www.mespoemes.net/rivaudais

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le lundi 06 janvier 2014, à 14:39
Cher Avenance,
Tu te fais trop rare.
Ah, il y a longtemps que nous n'avons pas philosophé par commentaires interposés.
Oui, je vois bien où peut nous conduire la profusion. Surabondance de tout.....même de mots, reçus de partout, des sirènes des médias (les plus dangereuses ???).
Il ,n'y a pas de fonds (au sens propre comme au sens figuré). C'est un abîme, un gouffre infini où se précipite l'Homme. La parole, la vraie, se meure lentement, de la douleur de l"indifférence, que le vent n'écoute même plus. Là est notre Apocalypse, la plus effroyable de toute : celle où l'Amour et la Raison auront disparu à jamais !
Merci pour l'allégorie de ton propos, mon ami. Amitiés. Philip.

larose le mardi 07 janvier 2014, à 11:53
Bonjour!!
Merveilleux écrit, j'ai adoré!!! Merci pour ce beau partage!! Bonne et merveilleuse année à vous!! amitiés

avenance le mardi 07 janvier 2014, à 22:01
Bonsoir, larose! Merci pour la lecture et l'appréciation! Meilleurs voeux à vous aussi pour la nouvelle année! Je suis très en retard dans mes lectures de vos poèmes à cause d'une longue panne d'ordinateur mais ce n'est que partie remise! Encore merci et à bientôt. Amitiés. Avenance.

avenance le mardi 07 janvier 2014, à 22:49
Bonsoir, rivaudais, tous mes remerciements pour le commentaire et le conseil graphique! Mon inquiétude est surtout, dans ce genre de poésie, d'apparaître trop "sentencieux", trop pesamment philosophique au détriment du "poétique" proprement dit et pourtant je suis persuadé que poésie et pensée, que concept et image peuvent entretenir un dialogue fructueux et tisser des liens étroits, tant leur racine me semble profondément commune en ce sens que toutes deux, pensée et poésie, proviennent d'un égal étonnement devant l'énigme d'exister et que la Parole qui est leur élément commun, est en quête de vérité et de beauté, toujours aux limites du dicible et du pensable, parole toujours menacée par le bégaiement, le "bavardage" ou le Silence.....Encore merci pour votre lecture et votre appréciation! A mon tour de découvrir vos poèmes et de passer sur votre site. Amicalement. Avenance.

avenance le mercredi 08 janvier 2014, à 00:37
Bonsoir, Philip et tout d'abord mes meilleurs voeux pour la nouvelle année, riche, je l'espère, en floraison de poèmes, en "profusions" de textes toujours plus éclairés, plus éclairants, toujours plus près du coeur sauvage et tendre de la Vie, de la puissance silencieuse du possible, des couleurs éclatantes ou pudiques d'une Parole qui se voudrait "essentielle", c'est à dire plus proche encore de l'Essence et de l'Enigme d'être! N'ayons pas peur des longs silences, ils sont peut-être l'étrange contrée où mûrit l'Amitié et l'élément dont se nourrit la Parole pensante et poétique....Seuls, écrit Heidegger, savent parler profondément ceux qui savent bien se taire et tu as tout à fait raison dans ton commentaire de pointer la menace de la mauvaise "profusion" des mots et des sirènes médiatiques dont le chant n'est plus que bruit et affligeante cacophonie.....Sommes-nous encore capables de patience, de silence, de lenteur et de "retenue" face à ce qui vient, face à une Pensée à venir qui conjoindrait Amour et Raison comme tu le dis si bien et qui se mettrait à l'écoute, à nouveau, des "anciennes Paroles", des Paroles initiales qui nommèrent, comme le firent les premiers penseurs et les premiers poètes grecs, l'émerveillement devant la venue en présence des êtres et des choses, la puissance et la tendresse des commencements: Physis, Aletheia, Logos, Mythos et bien d'autres mots initiaux par lesquels ils nommèrent leur étonnement. A nous, les tard-venus, les "extrêmes contemporains", quels seront nos étonnements, quels seront nos nouvelles Paroles initiales? Peut-être faut-il, non pas les chercher mais les laisser venir, seulement les attendre avec une lucide "adoration" devant l'Incalculable?.....
Merci encore pour ton commentaire et pour avoir renoué le dialogue qui, comme le Fleuve Alphée de la légende disparaît par instants sous la Terre mais n'en continue pas moins de couler dans l'Obscur pour renaître en résurgences à la Lumière.....
A bientôt. Amitiés. Avenance.

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