Petits Reflets De soi

 

Mes poèmes - Livre d'or - Moi

 

" Pardonnez - Moi, Je Vous Aime "

le lundi 28 octobre 2013, à 12:43. Posté par Zé


Sur sa table de bureau un courrier pléthorique
Qu’il n’est plus urgent de décacheter.
Tranquillement en apparence, elle passe au destructeur
Les dossiers sur lesquels hier encore elle planchait.
Dans la poubelle, ils font de curieux serpentins colorés.
Mais elle n’est pas d’humeur arc-en-ciel ce matin.
Au mur, le planning de ce mois de novembre,
Avec presque à chaque ligne, des objectifs assignés.
Elle les efface un par un en marquant un temps d’arrêt
Sur celui tout en bas qu’elle ne réalisera jamais.

Elle pense à présent à ses deux enfants,
Souriants sur la photo posée sur son bureau.
Seize et dix-neuf ans. Elle les aime si fort !
Le travail est passé bien souvent avant eux…
Elle perçoit dans leurs yeux une vague mais réelle tristesse...
Une larme amère tombe sur sa joue.
Machinalement, elle prend un stylo, une feuille blanche
Et écris simplement : ‘Pardonnez-moi, je vous aime’.

L’angoisse du présent et de leur avenir la rattrape
Avec le séisme des phrases sèches de son directeur :
‘Le service va être restructuré. Vous allez être licenciée’.
Elle repense à ces vingt-cinq années de travail acharné,
Ne comptant jamais ni sa peine ni ses heures.
Elle a cinquante – huit ans… L’âge de l’inutilité.

A présent elle se déchausse et grimpe sur le bureau.
Elle aperçoit le parc familier où son regard parfois flânait,
Le petit point vert du banc où elles grignotaient
Leurs déjeuners, sa collègue Josine et elle.

Dans le vertige des quinze étages plus bas qui la saisit,
Elle voit le vide de sa vie se profiler, sans travail.
Elle ne peut pas, elle ne doit pas l'envisager.

Elle fait glisser la fenêtre.
Un vent presque doux l’enveloppe…

Elle vient de tomber.

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commentaires ( 7 ) (Ajouter un commentaire)
salus le lundi 28 octobre 2013, à 13:22
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Terrible.

larose le lundi 28 octobre 2013, à 17:57
Bonsoir José!!
Très émouvant, quelle tristesse mais un très bel écrit!!! Merci pour ce beau partage!! Bonne soirée!! Biz

domidom le lundi 28 octobre 2013, à 22:24
Un texte réaliste et poignant..... Malheureusement, c'est aussi l'image dramatique de la vie actuelle....
De quoi sera fait l'avenir, on n'est en droit de se poser la question et de craindre la réponse...
Amitiés, Domie...

Imparfait le mardi 29 octobre 2013, à 21:07
Bonsoir José,
Le suicide, un terrible fléau qui touche de plus en plus de monde aujourd’hui et qui malheureusement est souvent les conséquences d’une situation que l’on pense ingérable comme le harcèlement au travail ou la perte d’un emploi alors doit-on juger une personne qui passe à l’acte,
doit-on prendre cet acte pour de la lâcheté, doit-on voir en elle quelqu’un de faible, ou doit-on tout simplement la pleurer dans le respect de ce qu’elle a été et de ce qu’elle restera toujours dans la mémoire et le cœur de ceux qui l’ont aimée.
Quand l’envie de disparaitre et devenue plus important que le reste, alors rien ni personne ne trouvera le remède miracle car seul l’esprit tourmenté connait le degré de son tourment et lui seul peut apercevoir un jour la petite étincelle qui lui redonnerait éventuellement la force de combattre ce mal qui le ronge.
Bien souvent, la famille et les amis culpabilisent de n’avoir rien vu venir mais s’ils avaient vu, cela aurait-il changé quelque chose ? Quand le choix du suicide est fait, malheureusement, ce choix est souvent irréversible.
Ton texte me parle pour plein de raisons qui me touchent particulièrement.

Bises cher José

José le mercredi 30 octobre 2013, à 12:51
Merci de vos visites amicales.

C'est vrai, on ne soupçonne pas chez certaines personnes à quel point leur être même est touché parfois et l'immense isolement psychique qu'elles endurent, car souvent elles donnent le change et sont dans les conversations telles qu'on les a toujours connues et telles qu'elles pensent qu'on voudrait qu'elles soient. Alors forcément, après l'irréversibilité d'un tel acte, on culpabilise de n'avoir pas ressenti cette bulle d'enfermement et de ne pas l'avoir crevée.

Merci à toi Imparfait de ton ressenti; je vis actuellement une (nouvelle) séparation après treize années de vie commune, et je ne vais pas très bien, car comme toujours, jusqu’au dernier moment, j’ai beaucoup trop investi la relation et c'est toujours le même profond déchirement qui m'ébranle.
Aussi je vais m'éloigner du site pendant quelques temps, car dans ces phases, qui souvent sont très longues, je n'ai plus ni volonté ni capacité d'écrire.
Ce n'est que lorsque j'irai mieux, après un délai d'assimilation de ce qui pour moi est toujours une grande épreuve, que je pourrai certainement reposter, (certainement des poèmes sombres, je m'en excuse d'avance!) comme il m'est arrivé dans le passé.
Tu ne soupçonnes pas le plaisir et parfois comme en cet instant le grand secours que m’offrent chacun de tes commentaires.
Bises affectueuses ma chère amie.

Imparfait le mercredi 30 octobre 2013, à 19:06
Comme tu le sais mon ami, mes poèmes sont le chemin de ma vie avec mes échecs, mes douleurs, mes craintes, mes doutes et aussi cette impression d’être toujours passé à côté de l’essentiel jusqu’au jour où j’ai vu cette étincelle et que j’ai enfin compris que ce ne n’est pas en essayant de se perdre qu’on finit par se trouver et, comme toi, j’ai ressenti ce besoin d’éloignement et d’enfermement qui a apporté la sérénité et la paix à cet esprit tourmenté qui fut le mien pendant si longtemps.
Plus de deux années de solitude pour comprendre ce « pourquoi ? »
Une séparation est un acte difficile à vivre qui nous fait glisser le long des parois d’un abîme sans fond et il est impossible de remonter tant qu’on se sent responsable alors qu’il suffit de penser qu’il y a quelqu’un, quelque part, qui attend CE rendez-vous avec toi pour connaitre le vrai et grand bonheur pour que l’enfermement ne soit pas sombre ni triste mais au contraire qu’il soit un passage sur ta nouvelle route pour celle qui empruntera ce passage.
Le bonheur est un état d’esprit qui permet de réaliser sans tristesse que les échecs d’un jour sont les tremplins de toujours alors ne vois pas une épreuve en cette relation qui se termine mais le carrefour de ta vie. Prends le temps qu’il te faut mon ami pour panser tes blessures et laisse ensuite la caresse du vent les cicatriser mais que ce soit dans l’ombre ou la lumière, continue d’écrire tes peines car un jour, elles deviendront tes joies.
Tu as toujours su écouter la mélodie de mes mots qu’ils soient tristes ou paisibles et tu as toujours su les comprendre sans jamais les juger et pour cela je te remercie d’être cet ami qui je n’ai jamais rencontré mais avec lequel j’ai partagé de grands moments d’émotions et de frissons.

Tu vas beaucoup me manquer et je suis heureuse d’avoir pris le temps de revenir te lire et je continuerai de le faire car je sais que tu aimes écrire alors souris à la vie et elle t’apportera mieux que la volonté et la capacité, elle t’offrira l’envie…..

Bises sincères de tout mon cœur et j’espère à très vite cher José.

José le jeudi 31 octobre 2013, à 14:09
Merci de ta sollicitude et de ces mots qui sont ceux d'une véritable amie.
Je t'embrasse très affectueusement.

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