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TRIPTYQUE
-1-
Le temps s’est arrêté. Soudain, plus rien ne bouge.
Tout parait suspendu, comme un tableau mural.
L’avenir s’entremêle au décor pastoral.
Égaré dans le soir, l’horizon devient rouge.
Nul écho, nulle voix. Dans une main, sa gouge.
Quelques rayons de lune entrent par un carreau
Frôlant les blancs boutons parfumés du sureau.
L’homme se trouve seul, oublié dans son bouge.
Sans réfléchir, il sculpte un morceau de bois sec :
Un héron solitaire ouvrant son large bec.
Dans un coin, un berceau sans trace d’enfant sage.
Un carafon de vin sur la table du fond,
Des cadres, pêle-mêle, encombrent le passage,
Puis, un sanglot s’échappe à travers le plafond…
- 2 -
Saoulé par tous les pleurs d’une vide existence,
L’homme épuisé dormait sur un fauteuil de cuir.
Affronter le destin à la place de fuir ;
Il poursuivait son but avec force et constance !
Jeter son passé lourd, sans nulle résistance,
Lever les yeux pour voir la voûte s’éclaircir.
Se répéter encor que l’on va réussir,
Qu’on est proche du but, qu’importe la distance.
Le temps recommençait à tracer son destin,
Il ouvrit sa mansarde aux rayons du matin.
Sa bouteille mourut au fond d’une poubelle.
Le sculpteur, à nouveau, retrouvait le plaisir ;
De vivre simplement chaque heure pure et belle…
Le bonheur vint frapper, il voulut le saisir !
- 3 -
Loin, derrière son dos, le poids de sa détresse.
Sa peine, son chagrin, son appauvrissement.
Au virage, l’échec, le succès rarement ;
Un prix fort à payer pour une faim traîtresse.
Devant lui, l’avenir : un îlot de tendresse !
Sous l’aile d’une étoile au bout du firmament,
Il quitte le passé, le soir, en s’endormant.
Libéré des tracas, il a changé d’adresse.
Qu’est-ce qui mène l’homme, ami de l’univers,
À vouer sa raison aux pires des travers ?
Le corps, l’âme et l’esprit font pourtant bon ménage !
Silencieux acteur d’un éternel parcours,
L’homme glisse souvent. Un appel au secours.
Une alarme, un signal. La main dans l’engrenage…
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