L’Île- aux-mots

 

Mes poèmes - Moi

 

Triptyque

le mardi 22 octobre 2013, à 21:43. Posté par Lucille


TRIPTYQUE

-1-

Le temps s’est arrêté. Soudain, plus rien ne bouge.
Tout parait suspendu, comme un tableau mural.
L’avenir s’entremêle au décor pastoral.
Égaré dans le soir, l’horizon devient rouge.

Nul écho, nulle voix. Dans une main, sa gouge.
Quelques rayons de lune entrent par un carreau
Frôlant les blancs boutons parfumés du sureau.
L’homme se trouve seul, oublié dans son bouge.

Sans réfléchir, il sculpte un morceau de bois sec :
Un héron solitaire ouvrant son large bec.
Dans un coin, un berceau sans trace d’enfant sage.

Un carafon de vin sur la table du fond,
Des cadres, pêle-mêle, encombrent le passage,
Puis, un sanglot s’échappe à travers le plafond…

- 2 -

Saoulé par tous les pleurs d’une vide existence,
L’homme épuisé dormait sur un fauteuil de cuir.
Affronter le destin à la place de fuir ;
Il poursuivait son but avec force et constance !

Jeter son passé lourd, sans nulle résistance,
Lever les yeux pour voir la voûte s’éclaircir.
Se répéter encor que l’on va réussir,
Qu’on est proche du but, qu’importe la distance.

Le temps recommençait à tracer son destin,
Il ouvrit sa mansarde aux rayons du matin.
Sa bouteille mourut au fond d’une poubelle.

Le sculpteur, à nouveau, retrouvait le plaisir ;
De vivre simplement chaque heure pure et belle…
Le bonheur vint frapper, il voulut le saisir !

- 3 -

Loin, derrière son dos, le poids de sa détresse.
Sa peine, son chagrin, son appauvrissement.
Au virage, l’échec, le succès rarement ;
Un prix fort à payer pour une faim traîtresse.

Devant lui, l’avenir : un îlot de tendresse !
Sous l’aile d’une étoile au bout du firmament,
Il quitte le passé, le soir, en s’endormant.
Libéré des tracas, il a changé d’adresse.

Qu’est-ce qui mène l’homme, ami de l’univers,
À vouer sa raison aux pires des travers ?
Le corps, l’âme et l’esprit font pourtant bon ménage !

Silencieux acteur d’un éternel parcours,
L’homme glisse souvent. Un appel au secours.
Une alarme, un signal. La main dans l’engrenage…

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commentaires ( 5 ) (Ajouter un commentaire)
salus le mardi 22 octobre 2013, à 22:21
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Musical, bien écrit, et triste comme une vie de travail, ambiguë ; des vapeurs équivoques d'alcool...
Étrange et douloureux tableau, avec, peut-être, une promesse de soleil...?
Amitié,
Salus

gemini le mercredi 23 octobre 2013, à 03:11
Dommage que le premier sonnet ait trois rimes dans ses quatrains, parce que le travail est vraiment admirable. On sent la tonalité du récit, balancée par le rythme entêtant de l'alexandrin, faire planer un sentiment de fatalité sur ce brave homme. Pour le fond, j'ai un doute sur : l'Homme, ami de l'Univers, j'aurai dit le fils et j'ai l'impression qu'il devenu "ami" par obligation prosodique. Je ne suis pas d'accord ensuite avec ce vers : Le corps, l’âme et l’esprit font pourtant bon ménage !, mais il est porteur d'espoir. Je préfère de loin le dernier tercet, malgré la ponctuation qui, je trouve, le dessert, qui évoque l'insoluble question sur la part du libre arbitre dans notre destin.
Beau travail de réflexion et de composition.
-
http://www.mespoemes.net/gemini

lucille le mercredi 23 octobre 2013, à 17:16
Bonjour Gemini. Merci de ton étude, de tes commentaires et de ta conclusion. Mais tu m'as fait sourire: C'est bien la première fois qu'un commentaire aussi élogieux commence par le mot... dommage :-) Pour te répondre, je n'ai pas eu l'impression de forcer la rime mais j'avoue n'avoir pas réussi complètement à bien transmettre ma vision. C'était difficile. Des commentaires aussi instructifs que les tiens ne peuvent que m'inciter à faire encore mieux :-)
Salut Salus... merci de ta visite oui, promesse de soleil, demain est toujours fidèle a son poste!
http://www.mespoemes.net/lucille

gemini le jeudi 24 octobre 2013, à 12:30
N'oublie pas que ce n'est qu'un point de vue. Chaque lecteur doit avoir le sien, car nous avons chacun des sensibilités différentes. Donc, le mien n'est pas meilleur qu'un autre. Il a disons le mérite d'être là, mais le fait d'être un peu seul ne lui confére pas plus d'autorité pour autant.
Amitiés.
http://www.mespoemes.net/gemini

lucille le jeudi 24 octobre 2013, à 20:38
Merci Gimini d'émettre ton point de vue sincère, c'est très apprécié.

http://www.mespoemes.net/lucille

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