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LE TEMPS DE L'ENFANCE
J’aurais dû retenir le Temps de s’en aller,
Juste le temps qu’il faut pour mieux le contempler,
Pour mieux me souvenir, pour l’écouter, l’entendre,
Et garder le présent qui ne sait point attendre.
J’étais trop occupée à tout organiser,
À réparer ce qui aurait pu se briser,
À prévoir l’impossible, au lieu d’être à l’écoute
De l’instant précieux qui escortait ma route
L’enfance paraït longue à l’enfant tout petit,
Elle s’étire ou fige, ou va au ralenti,
Il voudrait être grand et transcender la vie,
Sauter d’un monde à l’autre au gré de son envie.
Ce n’est que lorsqu’enfin, le reflet du miroir
Montre nos cheveux gris qu’on commence à y croire;
On se souvient bien peu des millions de sourires
Nous remplissant de joie et d’autant de plaisir.
Parfois une photo ravive la mémoire :
L’enfant chante en riant sur une balançoire,
Ou bien il est perché sur une haute branche,
Ou tout amidonné dans l’habit du dimanche.
Ils ne reviendront plus, les jours de votre enfance
Mais certains souvenirs retentissent en silence :
La mémoire a gardé parmi tous ses secrets
Ceux qui, trop précieux, ne s’éteindront jamais.
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