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…..Suaves Léthargies! Vivant, Présent, sombrer en douce Léthargie,
Ô délicieux naufrage! Plaisir des lisières, des combes, des vallons du Sommeil,
Une lente Immersion, une noyade exquise, une lente descente au velours d’un glissement de sable vers le berceau et la barque sans âge des fonds du fleuve du Léthé,
Ô lente Remontée! Les Sources initiales et la Prairie rêvée! Feuillage d’ombre, Colline d’herbe, Lumière vespérale, Chute des soies de neige, lit d’eau profonde,
Prodigieuse Cachette! Le Voyage des Morts, l’Île absolue, la Contrée des Latences, le
Doux Linceul, le Sommeil, l’Abandon!….
Suaves Léthargies! Ô l’Inoffensif, l’Inoffensé! Laisser venir glisser une infinie Caresse, s’accomplir au silence du Corps, en amuïssement du sang battant, Douceur
D’Invisibilité, la douce Occultation de Soi et se rejoindre enfin en son Essence, en sa
Demeure, Ombre parmi les Ombres, Vivant comme en Dormant le côtoiement des
Autres, comme en Rêvant, l’Amour et l’Amicalité, enfin, dans l’Enveloppement,
Heureuse Hibernation! Vivant comme en Dormant, présent et presque inaperçu, comme en Rêvant au Pli du Vivre et du Mourir, comme aux Parages ultimes de Dormition, en Soi, sans Soi, en Contrée souterraine, Rapatriement, Exil dans le Pays
D’Oubli? Ô bienheureuse Présabsence!…..
Et ce serait Dormir au creux profond du Non-Découvrement, sombrer, présent, en son
Absentement, déjà venu, venant, comme un Salut, comme un Adieu, sombrer en juste
Léthargie et s’accorder à la juste Harmonie du Passage, Beauté du Temps? Bonté? Si
Souvent calomniées! Et ce serait Bonheur en Puissance et en Acte, Ô Désapparaître!…..
Et ce seraient Paroles décantées au fin tamis d’Amour, Paroles lisses et feutrées
Comme glissent et passent les Choses de ce Monde, en est-il donc un autre?
Epures jusqu’à l’Imprononçable en doux murmure et en respiration et nous irions
Nommant dans l’Innocence et leur Secret, galets, ronces, racines, feuilles vives,
Feuilles séchées, herbe d’Humilité, Terre sans Mal, Voie lactée et Planètes promises
À l’émerveillement, Ô Avions, Ô Fusées! Et ce seraient embarquements pour des
Cythères invisibles et des Adieux de Joie pour ne plus jamais revenir! Paroles
Ensommeillées de Songes, de Souvenances et de Visions, Paroles à voix lointaines,
Paroles d’Absence et de Bonté, Souffles de laine exquise, maternelle, haleine chaude
Des Fourrures animales, Arches nouvelles!…..
Comme en dormant, comme en rêvant, suaves Léthargies, comme des Chairs d’Enfance, une dormante Vigilance soit la Douceur, la Loi, le Viatique pour le séjour
D’entre Mortels et le passage vers le Silence retrouvé, pour la Brièveté des Lampes de
Nos Vies, pour la Partance, une dormante Aimance d’entre les Êtres et les Choses, pour la Pénombre et la Clairière, pour l’Etonnement des Rencontres et la Justice des
Regards, pour la Clémence et le Pardon, pour la Symphonie infinie des Matières et des Vies et pour la Liesse du Sensible, une infinie Dormance!….
Suaves Léthargies!…..
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