Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le lundi 15 juillet 2013, à 14:32 Je déteste les guerres (Quelle connerie la guerre ! s'exclamait Paul Eluard). Et je n'apprécie pas particulièrement Napoléon.
J'ai une admiration sans borne pour le génie littéraire de Victor Hugo.
Dans un poème tout ce qu'il y a de sérieux, cette fois, et bien modestement, j'ai essayé de donner, avec la magie du verbe poétique, un souffle un peu épique pour décrire la sinistre bataille d'Eylau (qui fut pourtant une victoire), vue de façon imaginaire, des yeux de l'Officier de Génie et aide de camp Paulin, du 7ème corps de la Grande Armée.
Victoire chèrement acquise par Napoléon, sur les russes, qui fit des milliers de morts dans les deux camps et où l'Empereur découvrit pour la première fois l'immensité russe et la dureté de ses hiver. La bataille fut un carnage.
Amitiés à tous et à toutes. Philip.
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ptiteliline le lundi 15 juillet 2013, à 16:19 Salut Philip.
Je suis heureuse de lire ce poème qui est celui de ton vrai retour.
Tes mots sont très beau, je trouve, malgré le thème que tu évoques.
J'ai hâte de lire ton prochain poème.
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salus le lundi 15 juillet 2013, à 22:32 ----
Je suis assez d'accord avec ma consœur, hormis le vers de 13 "pieds" à la fin, les hiatus et les "E" non élidés, on se croirait chez Hugo, j'ai même eu un doute !
Je te l'ai déjà dit, tu écris drôlement bien !
Cordialement,
Salus |
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Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le samedi 20 juillet 2013, à 05:54 Pour ALINE : merci Aline n'avoir aimé ce poème un peu âpre. Mais c'était les mots qui comptaient, plus que le thème. Amitiés et gros bisous. Philip.
Pour SALUS : bonjour l'ami. Merci d'avoir aimé.Non, non, ce n'était pas du Victor Hugo. Pas un pastiche cependant. Hugo ne se pastiche pas. Respect ! Pour la métrique, les hiatus, bah, je ne fais pas toujours attention. Ce n'est pas l'essentiel pour moi, c'est surtout la musique des mots qui compte. Là, il fallait surtout créer l'ambiance. Amitiés. Philip.
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Loïc le dimanche 21 juillet 2013, à 16:52 Wow, beaucoup de verve et de passion pour ce résumé du trèèèèèès long "Cimetière d'Eylau" de Hugo (je l'ai lu avant de commenter, pour comparer). La principale différence que je vois entre ta très honorable reprise et l'original, c'est que (comme à son habitude quand il parle de guerre) Hugo manie l'ironie féroce et le second degré absurde tandis que tu te penches carrément sur l'horreur dramatique. Il n'aurait pas utilisé "effroi", "assassins", "atroce", etc etc. Mais c'est juste une comparaison, pas une critique négative de ta version personnelle (qui, en passant, est plus digeste que l'infâmement long "Cimetière d'Eylau" qui souvent se traîne comme une limace en circonvolutions, détails complètement inutiles, et phrases bouche-trous pour faire la rime avec un vers important ; du Hugo, quoi. Oui, moi j'ai une admiration "avec bornes", tu vois).
Par contre, là où il y a une critique à faire de ta version, c'est dans la surabondance des groupes nominaux "sujet + adjectif". Il y en a quasiment à chaque ligne, et parfois plusieurs ! 5 dans le premier quatrain, et 34 en tout ! Les mots que tu utilises le sont à bon escient, pas de souci, mais c'est leur disposition perpétuelle en groupes nominaux qui peut être un peu "too much" à la longue. Par comparaison avec Hugo encore, dans les 40 premiers vers du "Cimetière", on n'en trouve que... 4 ! Parce qu'il diversifie sa syntaxe, ce qui est une de ses forces.
Bah, on a tous nos tics verbaux et poétiques ; je m'emploie depuis longtemps à corriger les miens, enfin ceux que je vois.
Note : "En plongeant dans l’abîme j’ai vu les feux sanglants" a un E à la césure suivi d'une consonne -- "J'ai" -- donc ça ne va pas. Tu aurais pu mettre "l'enfer" à la place de l'abîme", ni vu ni connu.
See you mate !
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Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mardi 23 juillet 2013, à 15:05 Pour LOIC ;
Merci d'avoir aimé, et merci de m'avoir rappelé que je n'étais pas Victor Hugo. En effet, mon poème est un condensé, mais en plus émotionnel peut-être du fameux Cimetière d'Eylau, tiré de la Légende des Siècle, où Hugo concluait par un : "Partons, sortons ; la mort crache sur nous ici ; nous sommes sous la bombe et l’obus'.
Bon, tout le monde aura vu, en effet, que je ne suis pas Hugo. Pour ceux qui ne me connaîtraient pas bien encore, sachez que lorsque je dis souvent : "c'est un poème "à la manière de...." (Hugo, Verlaine, Rimbaud....) c'est juste pour dire, qu'il y a un petit quelque chose dans l'exercice de style. D'ailleurs mon Eylau à moi a été rédigé relativement vite (mais quand même plus qu'à ma normale), avec une relecture approximative, ce qui des étourderies dues au fait de ne pas compter les pieds, les fins de mots à la césure, etc.... Bon, on ne rentrera pas ici dans les débats puristes/non puristes. Tu sais que je m'en "fous" un peu, ce qui importe, c'est la force émotionnelle que peut délivrer un poème (comme dans "Chaud, chaud mon bon cacao"...non, la je déconne !!!). Oui, il y a surabondance des groupes nominaux, un peu comme s'il me fallait attirer à tout pris l'attention du lecteur sur des qualificatifs qui décrivent bien l'horreur et l'absurdité de l'action : il fallait que "l'honneur soit enterré", que "la campagne soit blafarde" que "les soirs soient ennuyés", que....que.....
(bon, pour la bonne cause, je vais quand même changer mon "abîme" en "enfer". Merci de la suggestion, Loïc.
Bon, on va passer ensuite à autre chose, je vais vous épargner Trafalgar, Austerlitz, Waterloo....
Un petit scoop : la prochaine série de poésie seront des Aquarelles, à la suite d'une visite à l'expo des oeuvre du peintre Marie Laurencin. Loin, les champs de bataille sanglants.... Un peu de douceur dans ce monde de brutes. Amitiés impériales, Loïc.
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Loïc le mardi 23 juillet 2013, à 15:59 Ben non, tu n'es pas Hugo (après, dire si c'est une bonne ou une mauvaise chose est compliqué pour moi), mais ma remarque sur les différences servait à te donner un éclairage sur ce qu'il était possible de faire si tu voulais embrasser davantage son style ! Ainsi ce sera encore davantage "à la manière de". Mais quelles que soient tes intentions, la surabondance de groupes nominaux est réellement un défaut syntaxique, pas une touche personnelle. Comme je disais, je sais PARFAITEMENT que tes termes étaient appropriés pour une description d'un bain de sang, mais je parlais de leur agencement trop répétitif en "adjectif + nom" ou "nom + adjectif". Et ça n'est pas limité à ce poème, d'ailleurs. A mon avis c'est justement lié au fait que tu écris trop vite, en ajoutant des mots au fur et à mesure qu'ils viennent, et peut-être sans retravailler après coup.
Si tu veux, juste pour confirmer que j'étais là pour construire et non pour détruire, voilà ce que j'ai repéré (et corrigé) au fil du temps concernant MES tics syntaxiques :
-- Surabondance de QUI, QUE
-- Pareil pour les prépositions de lieu (dans, sur, sous)
-- Trop de participes présent (-ANT)
-- Tendance à finir 90% des vers par un NOM. C'est extrêmement courant chez tous ceux qui ne font pas attention à ce phénomène, d'ailleurs. Mais surprise, quand on lit les grands de la poésie, on se rend compte qu'ils étaient au courant de ce détail.
-- Tendance à faire rimer très souvent nom avec nom, adjectif avec adjectif, verbe avec verbe. C'est bien sûr dû au fait que c'est plus facile, surtout en classique où l'orthographe de la rime compte. Mais ça enlève de la variété à l'expression. C'est avec Pat qu'on a décidé de faire un club de deux masochistes qui en plus de respecter les règles classiques devaient s'astreindre à varier le plus possible la nature de deux mots rimant.
-- Tendance à faire des quatrains cloisonnés, c'est-à-dire qui commencent au premier vers et se finissent au 4e sur un point. Pas top pour la fuidité de l'expression. C'est là que je me suis mis aux enjambements.
-- Dans le même ordre d'idée, tendance à ne jamais mettre un point au milieu d'un vers. Du coup, monotonie de la diction. Pour reprendre "Eylau", Hugo en fait peut-être UN PEU TROP dans les cassures au point que le rythme de certains alexandrins est impossible à percevoir, mais pas de doute qu'en général la technique de la fin de phrase ailleurs qu'à la fin d'un vers est souvent intéressante, et peut servir à de nombreux effets de style.
Liste non exhaustive. BREF, quand j'écris j'ai 15 choses en tête en même temps à considérer ou à éviter (55 si on ajoute les règles classiques), et quand je lis, ce réflexe est toujours là. Profites-en si tu veux !
Quant à Trafalgar, Austerlitz, Waterloo, mais fais-les donc ; ce "Eylau" était un bon poème ! Ce n'est pas parce que cherche la bébête que je n'apprécie pas.
On attend les aquarelles ! En effet ce sera un peu de douceur. Difficile de parler d'horreurs face à une aquarelle, sauf si Marie Laurencin s'est spécialisée dans le rendu de l'Enfer de Dante.
Amitiés tatillonnes, Philip !
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cerise le jeudi 05 juin 2014, à 18:21 Me revoilà ici...
Les mots me manquent pour décrire tout mon ressenti...
Le fait d'ajouter cette lettre de Bonaparte à la fin de ton poème souligne son orgueil et son cynisme et renforce l'absurdité de cette atroce bataille (que je découvre...)
toute mon amitié
Béatrice
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Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le vendredi 06 juin 2014, à 17:50 Coucou, Béatrice.
Bon, il n'est pas trop dans mes habitudes de faire des poèmes sur la guerre et de sanglantes batailles, même pour fustiger son absurdité et son atrocité.
Je suis en effet tombé sur cette lettre de Napoléon, qui rassure sa Joséphine et dit, presque à haute voix "Oh c'est moche, il y a eu beaucoup de morts !".
Il était important de joindre des extraits de cette lettre pour mesurer tout cela. Merci d'être passé lire ce poème. Amitiés. Philip.
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