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…..Cette Lumière opaque et vive, spectrale, qui se dispense et se déverse du fond
Invisible des Âges et des Lointains démesurés, sculpte et caresse les Choses, le
Mauve pâle des iris, l’ocre des tuiles, le silence du mur que je connais, que je
Regarde, l’étrange Familiarité des statuettes, l’entassement des livres sur la table
Ancienne et la lourdeur protectrice des meubles, Intimité, Effroi, Pesanteur,
Innocence, Trahison, le Legs, le Temps accumulé et l’Indicible des Disparitions,
Cette Rumeur immense du Fond néant des Nuits d’où surgissent l’Inaudible et
L’Ecoute, enveloppe de Plis Profondeurs et Surfaces, le Battement du Sang, le
Tremblement des Mondes, les Naissants et les Morts, l’Humilité grandiose du
Vivant, l’Instant et les Epoques, cette Rumeur, cette Lumière, le grand Paraître,
Le Bruit et la Fureur, inapparents eux-mêmes, muets, scellés dans la Souche et
La Bogue, à la caverne de l’Essence, dans le Brasier secret des Etincelles de
Présence, à la Légende indéchiffrée, irraisonnée des Sources et du Foyer caché,
Ô Manifestations, Lointains originels, Lieu et Temps des Surgissements et des
Commencements, les Rencontres premières, les premiers Assemblages et les
Duplications, Etendues, Resserrements, Membranes, Compartimentations que
L’Etrange et l’Ainsi ont faits Tels et Autres……
Connais-tu le Chenal, doux et souple, qui conduirait au cœur sauvage des
Matières, à la Chair de la Chair, dans les veines et la sève des Pierres, au
Cœur des palais de cristaux où dansent et transitent les Chimies primitives
Et sublimes du Monde, à l’œuvre et à la Forge gigantesques, peut-être infimes,
Parturitions interstellaires? Connais-tu le Chenal?….
Ouverts, écartelés aux divers Horizons qui déchirent et orientent les Mondes,
Héritiers d’Abandon, de Visibilité et de Pénombre, déshérités du Sens et de
La Donation plénière, déshérités d’Amour et de Consolation et de pure Lumière,
Engoncés, séparés, grotesques au Demi-Jour, dans l’Obscurité de l’Essence, dans
La Carence et la Caducité, nous endurons et le Temps et la Chair, Nous Autres,
Les Affectés, les Affligés et les Nécessiteux, les Obligés en Vérité et par nature,
Ô Conditions, Pouvoir-Ouvrir déjà ouvert bien avant nous, les Splendeurs et les
Fièvres et le Ruissellement des Jours, avoir été, être et devoir devenir, dans la
Misère et la Magnificence et nous avons sans cesse à configurer du Réel et des
Mondes, des Récits et des Drames, des Personnages, exorcismes, fantasmes, à
Inventer signes et traces faute de Signatures Divines, faute de Fondation, nous
Habitons le Tangage et la Brume…..
Connais-tu le Chenal, doux et souple, qui conduirait de l’Inerte au Vivant?
Sais-tu la clé de la Consolation?…..
Même pas l’Un, sans doute et même pas un Don, Personne, mais la Neutralité,
Libre Pouvoir qui s’affecte et affecte, ici, là-bas, qui se montre et s’occulte,
Pour les Uns et les Autres et à travers des Corps! L’Illumination déchirée du Réel
Par lui-même, les Illuminations intermittentes en leur Essence folle, Présentations,
Absentements, bâtardise et bigarrure de la Réalité qui se reçoit et qui s’échappe!…..
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