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Elle est au Nord, Eléonore ?
Pensez-vous : elle vient de l’ouest
Du côté des côtes d’Armor
Et vit à Aix, dans le sud-est.
Tu portes, chère Eléonore
Un nom de belle consonance
Aussi joli qu’Aliénor,
Une reine antique de France.
Je t’ai connue, Eléonore,
Au coin d’une rue, par hasard ;
Sur tes cils badigeonnés d’or
J’ai fixé sans fin mon regard.
J’ai de la joie quand tu t’endors
A te regarder respirer ;
Dans la chambre d’hôtel d’Andorre
Même les meubles transpiraient.
A Caen, ce voilier dans le port
Nous suscite une folle envie ;
On monte à bord, côté bâbord
Voir si l’on est encore en vie.
Je vais, je viens, j’entre et je sors
En fredonnant un air de Serge,
Cet artiste attentif au sort
Des vierges en souci de cierges.
Eléonore, je t’adore
Mais cesse de gesticuler :
Je fais déjà assez d’efforts
Pour éviter de basculer.
Tu craignais que je sois un porc,
Un cochon qui a, (quel dégoût !)
Dans une peau de soie des pores
Bouchés par les boues des égouts.
Alors, c’est trop fort ! Je t’honore
Et tu ris de toutes tes dents ;
Je ne sais pas si tu l’ignores :
J’ai d’excellents antécédents.
Arrête cet éclat sonore,
Ce vilain tremblement de glotte
Qu’aurait fustigé le ténor,
La haute-contre Jélyotte.
Question amour, Eléonore,
Chaque Saint t’accorde un blanc-seing
Ainsi qu’à ta soeur Léone, or
Elle n’a pas d’aussi blancs seins.
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