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Un amour défendu.

le mardi 02 octobre 2018, à 19:35. Posté par Pascal


Ce regard qui vous donne des frissons comme une évidence. Ce contact qui vous noue l'estomac comme une délivrance. Une relation qui vous pousse à braver le sectarisme et l'intolérance au risque de mourir d'aimer.


Le paradis terrestre ressemble à cet endroit béni, où s’emballent les cœurs des amantes maudites.
Elles se donnent rendez-vous, en catimini, pour des relations jugées illicites.
Ce jardin botanique, où la raison dérange, aux allées maléfiques que la passion démange, est bercé par le vent et le chant des mésanges.
Des plantes grimpantes aux effets maléfiques, des substances végétales pour des potions magiques, affolent vos sens, en état onirique.
Ces herbes piquantes, à la vertu étrange, sont bouillies et séchées en d’amers mélanges et, au fond du creuset, réduites en poussière d’ange.
Par un dosage méticuleux de feuilles vénéneuses, ce liquide qui contient un mystérieux poison, se change en douce et délicieuse infusion, vous guérissant de vos transes fiévreuses.
Cette nature fertile, aux allures bienveillantes, a une verdure hostile, de mixtures apaisantes.
C’est le décor providentiel, pour les rencontres câlines, de deux femmes rebelles que l’amour contamine, aux gestes sensuelles que la loi incrimine.
Elles s’enlacent, en secret, près des pierres brûlantes ; leurs deux corps enveloppés d’une vapeur caressante qui prodigue les délices et plaisirs du hammam aux jeunes tourterelles que la rumeur diffame.
Les belles demoiselles, imprudentes, persistent, esquivant les injures aux relents moralistes.
Elles conjurent la panique d’un élan optimiste.
Elles ignorent la peur d’un penchant réaliste.
Elles implorent les dieux, pour sacrer leur union, lâchant, dans le ciel, cent cinquante colombes libérées de leurs cages, dans l’espoir d’éloigner tous les mauvais présages, du complot qui se trame pour les mettre en prison.
Elles se promettent fidélité, pour le meilleur et le pire, plaidant pour l’éternité la candeur, le désir.
Elles entaillent leurs mains, en mêlant par le sang ce cruel destin d’un séditieux serment.
Rien ni personne ne peut démolir les arches du pont de leurs soupirs.
Inséparables, elles affrontent les calomnies ; vulnérables, elles subissent les infamies.
Au terme d’un haineux procès en sorcellerie, condamnées par dégoût, à la peine capitale, elles meurent, abattues à genoux d’une balle.
Ainsi, elles payent à la mort ce répugnant tribut, le prix inestimable d’un amour défendu, donnant à leur vie, brève mais intense, la force d’un cri aux rêves d’innocence.

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commentaire ( 1 ) (Ajouter un commentaire)
liameliavq le lundi 22 octobre 2018, à 15:14
Une tragédie très injuste, la vie l'est souvent.
Souhaitons que la mort ait délivré ces amantes afin qu'elles puissent s'aimer à l'infini au milieu des cieux et des étoiles, intouchables dorénavant...
Poétiquement.
LN.

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